De la symbolique de l'étoile

Publié le 21 Mai 2014

Depuis les temps ancestraux, l’étoile s’est naturellement imposée comme symbole de l'éternité divine. Suffisamment proche pour être aperçue mais trop éloignée pour être atteinte, l'étoile guide marins et voyageurs terrestres. Annonciatrice des divines naissances, scintillant aux sommets des cieux comme pour indiquer à l’homme sa petitesse, ce repère immuable fait une image éblouissante de l'idéal.

 

L'étoile révèle une richesse signifiante des plus dense. Elle est un soleil lointain qui nous indique la route à suivre tout en nous donnant la confiance et l’énergie requise pour s’y engager. Son rôle est donc analogue à celui de l’idéal dans la vie humaine. Mais l’astre est aussi pour les hommes ce « signifiant sidérant » dont parle Pascal Quignard : une lettre de feu que seuls les mages ou les sorciers peuvent déchiffrer, une porte ouvrant « l’autre monde » – un passage vers l’au-delà permettant au désir d’accéder au réel inaccessible. Pour ceux qui vivent ici-bas, l’objet céleste apparaît comme une lumière merveilleuse et intouchable, un signe de l’éternité.

Ce n’est pas l’étoile en elle-ême qui intéresse les hommes – tous ne se passionnent pas pour l'astrophysique – mais ce qu’elle représente : quelque chose d’inaccessible et de manquant, dont la présence lumineuse révèle en creux une obscure absence.

 

 

 

Texte inspiré du livre "Le protocole de l'amour", écrit par Jean-Marie Le Quintrec et publié aux éditions Séramis (2019)

« Je n’aime pas que mon prochain soit près de moi ;
Qu’il parte haut et loin.
Comment ferait-il autrement pour devenir mon étoile ? »

Nietzsche, Le gai savoir, prologue en vers, §30

Rédigé par Jean-Marie Le Quintrec

Publié dans #Le désir

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